Vidéo d'entreprise : par où commencer quand rien n'est filmé
Une vidéo d'entreprise commence par son objectif, pas par une caméra. Montrer un savoir-faire demande de filmer, parce que le geste est le sujet. Expliquer une offre ou nourrir une publicité sur les réseaux sociaux peut se faire sans aucune prise de vue, en motion design ou à partir d'images qui existent déjà. Dans tous les cas, les droits sur les visages, la musique et les images se règlent avant la première image.
Les pages qui expliquent la vidéo d'entreprise supposent presque toutes un tournage : un lieu, une équipe, une interview. Cet article part d'une entreprise qui n'a rien de filmé.
Qu'est-ce qu'une vidéo d'entreprise ?
Une vidéo d'entreprise est un film court qui présente une entreprise, son offre, ses métiers ou ses clients. Elle se diffuse sur le site, sur LinkedIn et les autres réseaux, en rendez-vous ou sur un salon. On parle aussi de vidéo corporate. Les formes les plus courantes sont la présentation de l'entreprise, la vidéo explicative d'une offre, le témoignage client, la vidéo de recrutement et la publicité.
La durée reste courte. Dans l'enquête annuelle de Wyzowl, 71 % des professionnels interrogés jugent les vidéos de 30 secondes à 2 minutes les plus efficaces. Topovideo et Cliple, 2 sociétés de production en tête de Google, conseillent entre 1 minute 30 et 2 minutes pour une présentation d'entreprise.
Pourquoi tant d'entreprises n'en font pas encore ?
La vidéo est devenue banale en entreprise : 91 % des entreprises interrogées par Wyzowl fin 2025 s'en servent pour leur communication. Chez celles qui n'en font pas, les 2 premières raisons sont qu'elle ne leur paraît pas nécessaire et qu'elle coûte trop cher, citées chacune par 24 % d'entre elles. 19 % manquent de temps. 10 % disent ne pas savoir par où commencer. L'enquête porte sur 266 répondants, à l'échelle internationale. Wyzowl vend lui-même des vidéos animées. Ces chiffres donnent une tendance, ils ne mesurent pas le marché français.

Le public, lui, regarde. En 2025, les Français ont passé 4 heures 14 par jour devant de la vidéo, selon le bilan annuel de Médiamétrie publié le 21 janvier 2026. La vidéo choisie à la demande, sur les plateformes et les réseaux sociaux, représente 39 % de ce temps, contre 36 % un an plus tôt. Elle progresse de 17 % en 2 ans chez les 35 à 49 ans et de 21 % chez les plus de 50 ans.
Par où commencer une vidéo d'entreprise ?
La 1re question à poser est celle de l'objectif du film. Quand une PME me dit qu'elle n'a rien de filmé, je lui demande ce que le film doit faire : montrer un savoir-faire, vendre un produit, expliquer une offre, recruter. La réponse décide de tout le reste, y compris de la nécessité de tourner.
La 2e question est l'endroit où le film sera vu. Selon Wyzowl, 82 % des entreprises qui font de la vidéo la publient sur YouTube et 70 % sur LinkedIn. LinkedIn pousse lui-même ce format : dans une étude du réseau rapportée par La Réclame en juin 2025, 70 % des marketeurs B2B interrogés jugent la vidéo indispensable pour ne pas se faire distancer. Le 6 octobre 2026, CB News annonçait l'arrivée en France de BrandLink, le format de LinkedIn qui place des publicités vidéo avant les contenus de médias comme Les Échos. L'étude comme le format viennent de LinkedIn, qui vend cet espace publicitaire.
L'endroit fixe aussi le format de l'image. Un film pour un site ou une présentation en rendez-vous se monte à l'horizontale, en 16:9. Un format court pour les stories ou les vidéos plein écran sur téléphone se monte à la verticale, en 9:16. Le fil de LinkedIn et d'Instagram accepte le carré, en 1:1. Un même film peut exister dans les 3 formats si le montage le prévoit dès le départ.

Faut-il forcément filmer ?
Il faut filmer quand le sujet est un geste. Un atelier de confection qui veut montrer ses coutures, une manufacture de porcelaine qui veut montrer ses coulisses : aucune animation ne remplace la main de l'artisan. Dans ces cas, le tournage est le film.
Quand l'objectif est d'expliquer une offre ou de faire une publicité pour les réseaux sociaux, avec très peu d'éléments au départ, le motion design suffit. Le motion design est une animation de formes, de textes, d'illustrations et d'images, sans prise de vue réelle. Il part d'un brief, d'un logo, d'une charte de couleurs et de polices. Il construit le reste. Il n'y a ni jour de tournage, ni repérage, ni lieu à réserver, ni personne à mettre devant une caméra. Le budget baisse et le délai raccourcit.

Entre les 2, une vidéo peut aussi se monter à partir de ce qui existe déjà : des photos de l'équipe, des captures de l'outil vendu, des images de téléphone prises sur un chantier, des images de banque achetées sous licence. Les images générées ou retouchées par intelligence artificielle s'y ajoutent. Selon Wyzowl, 63 % des marketeurs qui font de la vidéo ont déjà utilisé des outils d'IA pour en créer ou en monter, contre 51 % un an plus tôt.
Le public reste méfiant envers ces images. Meta a élargi en 2026 ses outils publicitaires qui génèrent des vidéos avec voix off et avatars, rapporte eMarketer. Le même article cite 2 enquêtes américaines : seuls 22 % des internautes voient d'un bon œil l'IA dans la publicité (CivicScience), 60 % cherchent des indices d'IA dans les images et les vidéos (CNET). L'IA sert bien la matière d'un film, un décor, une texture, une scène reconstituée. Elle sert mal quand elle fait parler un faux client.
L'article Intelligence artificielle et art : une création faite avec l'IA vaut-elle moins ? revient sur la place de l'IA dans une création.
Flyius : une marque partie de zéro image
Flyius est une marque de location de jets privés lancée en 2026. Quand j'ai commencé à travailler sur la marque, Flyius avait un logo (un F pixelisé dans un carré orange) et un site avec ses polices et ses couleurs. Il n'y avait aucune photo et aucune vidéo.
Le logo a été redessiné. Pour les images, je suis parti de banques d'images. Certaines ont été retravaillées avec l'IA, d'autres ont servi d'éléments pour recréer des scènes qui n'existaient pas. Le motion design a fait le reste : il ne demande ni photo, ni vidéo, ni prise de vue sur le terrain. L'article Identité visuelle : ce qu'elle contient, livrable par livrable détaille le travail sur le logo et la charte.
Les formats courts et les carrousels animés de Flyius sont nés de cette matière. Aucun n'a été tourné.
Que faut-il régler avant la première image ?
Les visages se règlent en premier. Le Code civil, à son article 9, pose que chacun a droit au respect de sa vie privée. Le droit à l'image en découle : filmer un salarié ou un client suppose son accord. Un accord écrit, qui dit où la vidéo sera diffusée et pendant combien de temps, évite les malentendus le jour où la personne quitte l'entreprise.
La musique se règle ensuite. Sur les réseaux sociaux, un compte d'entreprise n'a pas toujours le droit d'utiliser une musique commerciale, un titre édité par une maison de disques. Il m'est arrivé de reprendre le montage d'une vidéo courte pour la caler sur une musique libre de droits, autorisée sur le réseau où elle devait être publiée. Le rythme d'un montage suit la musique, donc changer de musique après coup revient à remonter.
Les images de banque et les images générées se règlent enfin. Une image de banque s'achète avec une licence qui fixe ses usages, à lire avant de l'intégrer. Pour l'IA, le règlement européen sur l'intelligence artificielle, à son article 50, impose d'indiquer qu'un contenu a été généré ou manipulé par une IA quand il constitue un hypertrucage, c'est-à-dire une image ou une vidéo qui ressemble à une personne, un lieu ou un événement réels et peut passer pour authentique. Selon le calendrier publié, cette règle s'applique depuis le 2 août 2026. Un décor généré n'est pas un hypertrucage. Un faux témoignage filmé en est un.
Combien coûte une vidéo d'entreprise ?
Une vidéo d'entreprise faite par une agence coûte autour de 10 000 € en médiane, selon le baromètre de La Fabrique du Net, calculé le 9 octobre 2026 sur 513 budgets réels. Le motion design est le format le moins cher, autour de 7 000 €. Un film de marque tourne autour de 9 000 €, un spot publicitaire autour de 9 250 €. Une PME investit en médiane 7 500 €. Un format court, comme un teaser ou un montage sur des images existantes, se situe entre 2 500 et 5 000 €. Ces chiffres viennent d'un annuaire d'agences qui vend des mises en relation et portent surtout sur des projets d'agences.
Chez Exuno, la porte Film et motion commence à 2 400 € HT. Elle comprend 3 formats courts ou 1 film de 60 à 90 secondes, avec l'idée, le script, le montage ou le motion, le son et les déclinaisons en 16:9, 9:16 et 1:1. Le film part des images du client, d'images produites par Exuno ou du motion seul. Le tournage sur place est en plus.
Le choix entre agence, freelance et studio est traité dans l'article Agence, freelance ou studio : choisir sans le budget d'une agence.
Que devient le film une fois livré ?
Un film d'entreprise sert pendant des années s'il a été pensé pour durer. Il ouvre la page d'accueil du site, il passe en rendez-vous, il tourne sur l'écran d'un salon. Découpé en formats courts, il nourrit les réseaux sociaux pendant plusieurs semaines. Un film monté pour une seule publication s'arrête avec elle.
C'est pour cela que le format de diffusion se décide avant le montage. L'objectif se décide avant le format. Une entreprise qui n'a rien de filmé a déjà l'essentiel si elle sait ce que le film doit faire.
Le film et le motion d'Exuno sont présentés sur la page Film et motion. Ma messagerie est ouverte : WhatsApp.
Sources
Wyzowl, « Video Marketing Statistics 2026 », enquête auprès de 266 répondants, fin 2025, en anglais : https://www.wyzowl.com/video-marketing-statistics/
Médiamétrie, « L'Année TV / Vidéo 2025 », communiqué du 21 janvier 2026, page en anglais : https://www.mediametrie.fr/en/year-tvvideo-2025
Topovideo, « Vidéo de présentation d'entreprise : les 7 étapes clés », sans date : https://www.topovideo.com/blog/les-7-etapes-video-de-presentation-entreprise
Cliple, « La Vidéo Corporate : Le guide complet pour votre entreprise », Ophélie Calbet, sans date : https://www.cliple.com/creation-video/film-corporate/
La Réclame, « LinkedIn mise sur la vidéo pour aider les marques B2B à émerger », 4 juin 2025 : https://lareclame.fr/linkedin-b2b-video-influence-316356
CB News, « Format BrandLink en France : LinkedIn signe avec Amaury Media, CMA Media et Les Echos », 6 octobre 2026 : https://www.cbnews.fr/digital/format-brandlink-france-linkedin-signe-avec-amaury-media-cma-media-les-echos
eMarketer, « Meta ramps up genAI powered ad creation as marketers weigh consumer trust », 2026, en anglais : https://www.emarketer.com/content/meta-ramps-up-genai-powered-ad-creation-marketers-weigh-consumer-trust
Légifrance, Code civil, article 9 : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006419288
Règlement (UE) 2024/1689 sur l'intelligence artificielle, article 50 : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32024R1689
La Fabrique du Net, « Tarifs des agences vidéo en 2026 », calcul du 9 octobre 2026 : https://www.lafabriquedunet.fr/agences/pages/agences-video/tarifs